Speeches

State House

Discours sur l'Etat de la Nation par le Président James Alix Michel, le 16 février, 2016

Tue, 16 February 2016

Monsieur  le Président de l’Assemblée Nationale

Président Mancham

Monsieur le Vice-président

Monsieur le Président de la Cour d’Appel

Monsieur le Ministre Désigné

Mesdames et Messieurs les Ministres

Honorable Leader des Affaires du Gouvernement à l’Assemblée

Honorable Chef de l’Opposition à l’Assemblée

Honorables Membres de l’Assemblée Nationale

Excellences

Distingués Invités

Peuple Seychellois

 

Depuis douze ans, tous les ans, et presque au même moment, je me présente à l’Assemblée , devant le peuple seychellois, pour rendre compte de l’état de notre nation,  vous faire part de mes plans d’avenir et partager avec vous aussi certaines réflexions.

Je représente un parti qui a lutté pendant plus de 50 ans  pour la Libération, la liberté, la dignité et l’émancipation du peuple.

 

Nous avons lutté pour la justice sociale, l’égalité, la fraternité et l’unité. Et pendant ces 38 ans que nous sommes au pouvoir, nous avons hissé le Seychellois très haut, voire très haut.

En décembre 2015, le peuple seychellois m’a, encore une fois, choisi avec le Parti Lepep, pour diriger le pays. Il m’a élu afin que je puisse travailler pour vous. C’est fort de ce mandat renouvelé que je me présente donc aujourd’hui devant vous. C’est un troisième et dernier mandat que le peuple m’a confié. Une grande responsabilité et un véritable ‘challenge’ que j’ai acceptés de bon cœur.

 

Le moment est venu donc, dans le cadre de ce nouveau mandat, de prononcer mon message sur l’état de la nation, comme me l’astreint l’article 65 de notre Constitution.

C’est une obligation que j’ai toujours honorée avec honnêteté, sans excès, sans travestir la vérité, mais de façon responsable et convaincante, fort de la confiance en l’avenir de mon pays. Cette année ne fera pas exception, même si certains avaient souhaité et continuent de le faire, que ce ne soit pas moi qui sois là en ces instants.

 

Je regrette de ne leur avoir pas offert ce plaisir. Peut-être qu’un jour ce sera leur tour. Mais pour l’instant, ils doivent se soumettre à la volonté du peuple. Ils doivent accepter le gouvernement que le peuple a choisi. Pas ce gouvernement qui a été élu sur Facebook ou les réseaux sociaux, mais celui-là qui a été élu librement, démocratiquement et en accord avec la Constitution. C'est-à-dire le gouvernement du Part Lepep, pour le peuple. Je veux cependant les rassurer que je continuerai à travailler pour eux  également, comme je l’ai toujours fait sans, bien entendu, mettre en cause ce qui nous a pris des années pour construire, à la sueur de nos fronts.

 

Je continuerai toujours à œuvrer pour la construction d’une Seychelles encore meilleure, en y apportant des changements, de vrais changements, car c’est nous le Parti Lepep, qui les avons toujours apportés dans ce pays. Nous le faisons toujours quand cela s’avère nécessaire, dans le respect, la paix, l’unité et la dignité. Dans la fraternité et la compassion, sans haine, ni désir de revanche. Sans manifestation dans la rue, ni agenda personnel. Sans scraper (JCB) ni bulldozer, ni incendie, et sans piétiner personne.

 

Monsieur le Président de l’Assemblée

Peuple Seychellois,

 

Il n’est pas dans mes intentions de faire un bilan complet de tout ce qui a été accompli par mon Gouvernement  en 2015. Le peuple sait parfaitement tout ce qui a été fait jusqu'à présent. Les résultats sont là, patents, à la portée de tous. Evidemment, comprendra celui qui veut comprendre.

 

Je voudrais plutôt m’appesantir sur ce que je vous avais promis de faire au cours des 100 premiers jours de mon nouveau mandat, et ce que je projette de faire cette année. Mais avant d’en venir,  je voudrais avant tout vous donner ces chiffres et quelques exemples qui montrent clairement combien notre pays a continué à faire des progrès – on peut dire même d’énormes progrès -  en 2015, et qu’aucun nuage ne plane sur l’état de la nation.

En 2015

  • Nous avons enregistré un taux de croissance de 4,34%
  • Notre réserve en devises étrangères à la Banque Centrale se chiffre à 536 millions de dollars. Ce qui représente environ 5 mois d’importation. Quand on sait qu’en 2008 la même réserve ne représentait qu’une semaine d’importation à peine…..
  • Nous avons continué à payer régulièrement notre dette extérieure. Nous avons réduit ainsi le taux de la dette par rapport au Produit National Brut à 62%. C’est dire que nous sommes conformes à notre objectif de réduire notre  dette à 50% de notre PNB en 2018. Un chiffre que peu de pays européens peuvent prétendre encore.
  • Nous avons continué à maintenir notre discipline fiscale qui reste un élément clé de notre stratégie visant à améliorer l’économie nationale.
  • Le taux d’inflation était de 3,2%  à la fin de 2015, ce qui est un bon indicateur de stabilité économique
  • L’industrie du tourisme a enregistré une croissance considérable, le nombre de visiteurs ayant augmenté  par 19%, et les revenus par 17%.
  • Plus de 40 000 Seychellois ont voyagé à l’étranger en 2015, ce qui représente près de 44% de la population
  • Air Seychelles a continué à enregistrer une très bonne performance due notamment à l’augmentation du nombre de vols sur certaines routes et l’inauguration de nouvelles destinations. Une stratégie que nous entendons poursuivre cette année et dont le nouveau vol direct Seychelles/ Chine constitue une belle illustration.
  • L’industrie thonière en général a apporté une contribution d’environ 10% à l’économie nationale
  • Beaucoup de Seychellois se sont aperçus des opportunités qu’offre l’Economie Bleue et se sont investis dans le secteur de la pêche
  • Dans ce contexte, le Gouvernement va offrir des panneaux solaires à tous les entrepreneurs  du secteur de la pêche et l’agriculture qui désirent investir dans les équipements qui produisent de la glace.
  • Le gouvernement accorde des concessions fiscales aux entrepreneurs du secteur de la pêche et de l’agriculture qui importent des équipements pour leur business.
  • Par ailleurs, le Gouvernement a continué à apporter son appui au secteur de l’agriculture à travers notamment le Plan National d’Investissement dans l’Agriculture, la police d’assurance pour les fermiers, l’augmentation du produit dans le ‘requisite store’, la simplification  des procédures de bail d’un domaine agricole du gouvernement, la diversification et la commercialisation des produits agricoles, etc…
  • Nous avons continué à intensifier notre politique et notre stratégie de renforcement des capacités et d’ownership. Et en résultat :
  • Nous avons donné un emploi à 1612 personnes
  • Le taux de chômage est tombé à 4,2%
  • Jusqu’en 2015, 538 prêts d’une valeur totale de 507,3 millions de roupies ont été accordés dans le cadre du SME Scheme  (Plan pour les petites et moyennes entreprises)
  • 117 nouvelles petites entreprises ont été créées, ce qui nous donne aujourd’hui un total de 2290 petites et moyennes entreprises aux Seychelles
  • Le Centre des Micro-entreprises de Providence est déjà opérationnel et 59 petites entreprises occupent déjà leur atelier.
  • Plus de 270 Seychellois ont décroché leur diplôme universitaire, soit à l’Université des Seychelles, soit dans des universités étrangères
  • Toujours, dans le cadre de notre politique d’« ownership », en 2015, 77 familles ont reçu la clé de leur appartement tandis que  85 ont reçu leur parcelle. Et cette année nous comptons mettre  277 nouveaux appartements à la disposition des familles. Les statistiques dans ce domaine, montrent qu’environ 75% des familles seychelloises sont propriétaires de leur maison.
  • Le pouvoir d’achat du Seychellois a augmenté consécutivement à la réduction du prix du carburant, de la facture d’électricité, de l’eau, du gaz et d’autres produits. En 2016,  il augmentera davantage grâce aux mesures que je vais énoncer plus loin.
  • L’hypermarché de STC  a ouvert ses portes et offre aujourd’hui une large gamme de produits à tous les Seychellois à des prix raisonnables. L’époque où on n’avait coutume d’entendre « napa », c'est-à-dire il n’y en a pas, est révolu, et ne reviendra plus jamais sous mon gouvernement.
  • Enfin, sur la scène internationale, les Seychelles ont continué à renforcer son image et sa visibilité qui continuent à être davantage reconnues et amplifiées.

Tous ceux-ci -  même si j’aurais pu continuer à en égrener encore  - montrent à suffisance que nous vivons dans une Seychelles de plus en plus prospère.

Dans le même ordre d’idée, avant d’aborder le second point de mon discours, j’aimerais vous faire part d’une petite réflexion.

 

Pendant et après leur campagne électorale et même jusqu'à présent, que soit à travers leurs journaux ou les réseaux sociaux, une certaine frange de l’opposition et ses militants et sympathisants - locaux comme étrangers, ont proféré toutes sortes d’accusations, mensonges, fausses allégations et calomnies contre le Gouvernement Lepep et moi-même. Il n’y a pas ce qu’ils n’ont pas dit, nous traitant de corrompus et à la dérive. Ils ont dit que le Gouvernement ne sait pas comment faire le business, que les gens deviennent de plus en plus pauvres, que nous tolérons le trafic et l’abus de la drogue dans le pays, etc, etc…

 

A mon tour de les répondre.

 

Est-ce qu’un pays dont le gouvernement est corrompu peut être classé 40ème sur 167 par Transparency International à l’issue de son enquête annuelle?

 

Est-ce que si nous étions corrompus comme le prétend l’opposition, nous allions continuer à recevoir l’aide de l’Union Européenne, de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International ainsi que des autres organisations et institutions internationales, sans compter les divers autres pays?

 

Est-ce qu’un gouvernement qui ne sait pas où il va et qui ne sait  comment créer un environnement propice aux affaires peut être classé 95ème sur 189 pays par la Banque Mondiale dans son rapport ‘Doing Business’ ? J’ai toujours dit que le Gouvernement n’est pas dans le business pour y faire du business. Il crée l’environnement propice au business. Il crée les opportunités permettant au secteur privé de faire le business. Le secteur privé qui reste son partenaire indispensable et privilégié.

 

Est-ce qu’un pays où les gens vivent dans la misère noire peut être classé 64ème sur 188 dans l’Indice du Développement Humain établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement  (PNUD) ?

 

Est-il possible que dans un pays où règne la pauvreté et où tout manque, que ce pays soit considéré comme ayant un Haut développement humain par les Nations Unies ou comme un pays à Revenu élevé par la Banque Mondiale ?

 

Est-ce que dans un pays où règne la misère noire, 75% des citoyens peuvent être propriétaires de leur propre maison, que la pension leur soit garantie, que l’accès à l’éducation et à la santé y soit gratuit, jusqu’au traitement médical à l’étranger ?

 

Que l’on juge par soi-même! Ces faits, je ne les ai pas inventés ! Ce sont les organisations internationales qui l’ont dit. Est-ce que c’est parce qu’elles soutiennent le Gouvernement du Parti Lepep qu’elles donnent ces bons classements aux Seychelles ? Ceci dit, je crois que notre classement et notre rang auraient été encore meilleurs si nos données et statistiques étaient à jour. C’est le lieu pour moi d’inviter tous les départements du gouvernement à faire un peu plus d’efforts dans la collecte des données et statistiques à soumettre aux organisations internationales.

 

Je reviendrai plus tard sur le problème de la drogue.

Monsieur le Président de l’Assemblée

Chers compatriotes,

 

Les dernières élections ont montré que les Seychellois ont fait le choix de se rassembler sous la bannière ENSEMBLE et qu’ils ont rejeté le slogan « Piétine-le ! Est qu’un être humain peut avoir un cœur si plein de haine au point de vouloir projeter son prochain à terre pour le piétiner et l’écraser !Est-ce qu’un politicien qui prétend être responsable et qui a l’intérêt du peuple à cœur peut tolérer et soutenir une telle chose ? Comment peut-on appendre à ses enfants à chanter des chansons de haine et de violence ?

 

A travers leur choix, les Seychellois ont confirmé que le Manifeste du Parti Lepep offre les meilleures opportunités et représente la meilleure chance  pour l’avenir des Seychelles. C’est ce Manifeste qui sera ma source d’inspiration ainsi que celle pendant ces cinq prochaines années.

 

Je me suis déjà étendu sur cet aspect au cours de ma campagne électorale et lors de mon investiture le 20 décembre dernier. Aussi je m’arrête là. J’avais aussi parlé des actions prioritaires que je comptais accomplir pendant les 100 premiers jours de mon nouveau mandat. Comme vous savez, je n’ai jamais fait de fausses promesses au peuple. J’ai toujours honoré mes engagements. Voilà donc ce qui résulte de mes premières actions prioritaires :

1. Augmentation de la pension de retraite. En décembre 2015 nous avons augmenté de 500 roupies par mois la pension des anciens fonctionnaires du Gouvernement avant 1979, dont la pension était calculée selon les grilles de l’époque coloniale. En décembre 2015, nous avons aussi majoré de 500 roupies la pension spéciale du secteur public dont bénéficient les travailleurs qui n’étaient pas qualifiés pour toucher une pension ni pendant l’époque coloniale, ni en vertu de la  Loi du Fonds de Pension en vigueur aujourd’hui. Et en janvier 2016, la sécurité sociale qui est payée à tous ceux qui ont atteint l’âge de 63 ans a été également augmentée de 500 roupies, pour atteindre la somme de 3 600 roupies par mois.

2. La pension d’invalidité : Depuis le 1er janvier, nous avons augmenté la pension d’invalidité, quiest passée de 2 430 roupies à 3 450 roupies. Ce qui l’élève au même niveau que le salaire minimum actuel.

3. Augmentation du montant du salaire des individus qualifiés pour recevoir un ‘Housing Loan Improvement’ : Le montant maximal du salaire des personnes capables de recevoir ce genre d’emprunt est passé de 8000 à 15 000 roupies. Et la mesure est déjà en vigueur.

4. Augmentation du montant du salaire pouvant recevoir un crédit pour le logement auprès de Housing Finance Company (HFC) : Ce montant a été également augmenté, passant de 25 000 à 30 000 roupies. Cette mesure a pris effet depuis le 1er janvier dernier.

 

5. Augmentation du crédit pour le logement (housing loan) : Le maximum de crédit qu’une personne pouvait prendre sous ce régime était de 750 000 roupies. Depuis le 1er janvier dernier ce montant a été augmenté à 850 000 roupies.

6. Crédit pour la rénovation et la réparation de la maison du pensionnaire : Une personne âgée de 63 ans ou plus, et propriétaire de sa maison, peut désormais bénéficier d’un crédit de 50 000 roupies pour faire des réparations ou rénover sa maison. Il peut aussi bénéficier d’un crédit allant jusqu'à 100 000 roupies pour refaire la toiture de sa maison. Ce crédit spécial n’est assorti d’aucun intérêt. En plus, le Gouvernement accordera une subvention de 25% sur tout crédit qu’un pensionnaire prendra sous ce régime. Autrement dit, si un pensionnaire  prend un crédit de 100 000 roupies sous ce régime, il n’aura que 75 000 roupies à rembourser, et ce sans intérêt.

7. 13ème mois de salaire : Les travailleurs de la Fonction publique qui ne sont pas dans un contrat ont reçu ce salaire le 14 janvier dernier. Nous estimons qu’il est tout à fait juste que les travailleurs du secteur privé eux aussi reçoivent ce salaire. Nous légiférerons afin que ce secteur  suive l’exemple du secteur public, ce pour stimuler la productivité, améliorer la prestation de service, partager la richesse et le bien-être avec les travailleurs, à travers la politique mise en place par le Gouvernement.

8. Nouveau plan de gratuité pour les travailleurs du secteur public : Le Gouvernement a augmentée le montant de la gratuité versée aux travailleurs. Cette augmentation est appliquée depuis le 1er janvier dernier.

9.Paiement de la gratuité et de la compensation aux anciens membres de la Force de défense : Nous avons constitué un fonds afin que 808 anciens membres de la Force de défense qui ont quitté les SPDF avant 2007, ou dans certains cas leurs héritiers, et 150 autres militaires actuels, reçoivent une gratuité de 8000 roupies. Ceci parce qu’ils n’ont pas bénéficié du changement de ‘scheme of service’. Le paiement de la gratuité a lieu actuellement, et dès qu’il prendra fin, le paiement de la compensation suivra.

10.  Paiement à titre gracieux des anciens combattants RFA de l’époque coloniale. Depuis le 10 février, plus de 200 anciens combattants ont commencé à recevoir une compensation d’un montant de 20 000 roupies à titre gracieux. Mille roupies seront prélevées sur chaque paiement pour être versées à leur association. Les négociations avec le gouvernement britannique pour le paiement d’une compensation à ces anciens combattants a  duré plusieurs années. en vain. C’est pourquoi le Gouvernement  a  décidé l’année passée de leur payer cette compensation car ils la méritent en raison du service qu’ils ont rendu. Le paiement est en cours et cela coutera plus de 4 millions de roupies au Gouvernement.

11.  Mon Premier Emploi : Ce programme a démarré le 11 janvier. Sur les 863 élèves qui ont terminé leurs études post secondaires, 778 sont inscrits à ce programme, et 77 sont déjà dans un emploi. 172 employeurs ont adopté le programme. Cette forte adhésion est déjà un indice de son succès.

12. Allocation de logement pour les diplômés du supérieur : Le montant de cette allocation a été revu à la hausse passant de 3000 à 4000 roupies par mois et a été prolongée de deux ans. La mesure a pris effet le 1er janvier dernier.

13. Bourse pour les étudiants des institutions post secondaires privées : Depuis le 1er janvier, tous les étudiants seychellois inscrits dans les institutions post secondaires privées reçoivent la même bourse que leurs collègues étudiants des écoles post secondaires publiques. La bourse varie de 850 roupies pour les 1ères années à 1050 roupies par mois pour les dernières années.

14.  Le Programme  Ordinateur Portable : Depuis le 1er janvier les élèves de S4 également bénéficient de ce programme qui était jusque-là réservé aux élèves de S5 et les étudiants du post secondaire. Plusieurs centaines d’élèves de S4 essaieront probablement de profiter de ce programme.

15. Soins médicaux spécialisés gratuits pour tous les Seychellois : depuis le début de l’année tout patient transféré par un médecin privé à l’Hôpital des Seychelles pour des soins spécialisés reçoit ces soins gratuitement.

16. L’énergie renouvelable : le projet de démocratisation de l’appel d’offres pour l’installation des panneaux solaires a été déjà l’énergie renouvelable a démarré au début de cette année et lancé. Les installations se feront sur une base prioritaire et cela permettra de réduire la facture d’électricité du consommateur. Notre souhait à plus ou moins long terme est de faire en sorte que toutes les maisons puissent bénéficier de ce projet. L’installation des chauffe-eau solaires aussi se poursuit. C’est la Commission de l’Energie qui chapeaute ce projet. Elle donnera la formation nécessaire aux techniciens pour assurer l’installation et l’entretien de ces panneaux. Dans tous les deux projets, le Gouvernement aidera le consommateur à avoir accès au prêt pour l’installation des équipements et en assurera la garantie.

17. Les Organisations Non gouvernementales : Au cours des 100 premiers jours de mon mandat, le gouvernement instituera un Civil Society Small Grant Programme avec l’objectif de venir en aide aux organisations de la société civile à monter de petits projets au bénéfice du public.

18. L’audit des Ministères : Dans le souci d’améliorer la prestation de service dont l’efficacité et une meilleure performance, j’avais demandé de faire un audit de tous les ministères. Cet audit se poursuit en ce moment et est conduit par les ministres eux-mêmes. Je reviendrai sur cette question de prestation de service plus loin dans mon discours.

19. Communication pour rester connecté au peuple : J’ai toujours souligné la nécessité pour les dirigeants, à tous les niveaux, de rester connectés au peuple. En ce qui la communication, il faut reconnaitre que le gouvernement reste malheureusement son propre pire ennemi. La communication avec le public est  pauvre et, de surcroit, nous laissons le champ libre à l’opposition pour répandre toutes sortes de propagande, étaler des mensonges, faire des allégations, et tout cela sans aucune réaction de notre part. Mais cela va prendre fin. Car désormais tous les ministères seront tenus d’ouvrir leur compte sur les réseaux sociaux afin que le public soit à même de les contacter et leur faire part de leurs préoccupations et leurs suggestions.  est mesure en lien avec la prestation de service qui fait partie de mes priorités pendant les 100 premiers jours de mon mandat.

Monsieur le Président de l’Assemblée

Peuple seychellois,

 

Nous avions dit que nous allions le faire et nous avons fait presque tout ce que nous avions promis de faire pendant les 100 premiers jours de mon mandat. Il nous reste encore 41 jours et il ne nous reste que peu de choses encore à réaliser. Je le ferai, parce que je veux respecter mes engagements.

 

Ce n’est pas tout. Il reste encore beaucoup de choses, beaucoup de priorités devant le Gouvernement et moi et qui exigent à la fois des décisions fermes et une urgente attention.

Pour ne citer que quelques-unes, il y a en premier lieu cette question d’abus et de trafic de drogue.

Certaines factions de l’opposition m’ont accusé ainsi que le Gouvernement du Parti Lepep d’avoir toléré l’importation, le trafic et la consommation de la drogue dans le pays, faisant ainsi de la politique bon marché avec la souffrance des parents dont les enfants s’adonnent à ce stupéfiant.

 

Ces factions feignent d’ignorer toute la quantité  de drogue que nous avons saisie pendant ces cinq dernières années. Elles font exprès aussi d’ignorer tous ces trafiquants  de drogue  qui ont été condamnés. Est-il utile de rappeler que les saisies de drogue de NDEA et de la Police pendant ces derniers 5 se chiffrent à la somme énorme de 339,45 millions de roupies ! Pendant la même période 71 individus ont été condamnés pour trafic de drogue et 65 d’entre eux sont en train d’exécuter leur sentence à l’ile Marie Louise. Les dossiers de 72 autres individus impliqués dans un délit de drogue sont encore dans les mains de la justice. Nous avons saisi des propriétés et des biens de trafiquants de drogue d’une valeur de 20 millions de roupies au cours de ces 5 dernières années. En ce moment même il y a plusieurs dossiers relatifs à la drogue qui sont instruits à la justice et pour lesquels nous demandons la saisie des biens d’origine douteuse ou mal acquis d’une valeur de plusieurs millions de roupies. Dans ce contexte, nous allons mettre cette année l’accent  sur la loi « Proceeds of Crime Act » ou POCA, en vertu de laquelle le trafiquant de drogue est mis dans l’obligation de justifier la source ou l’origine de ses biens au risque d’être confisqués par l’Etat. Actuellement, FIU en collaboration avec NDEA et la Police est en train d’étudier les dossiers de 8 individus en vertu de cette loi.

 

Au cours de mon nouveau mandat, je vais particulièrement intensifier la lutte contre l’abus et le trafic de drogue. C’est une lutte qui demande beaucoup d’efforts, de ressources, de vigilance et de sensibilisation. En attendant les mesures suivantes seront édictées :

  • Intensification du traitement médical et du programme de désintoxication des addicts  ou toxicomanes
  • Mettre en place un programme de mise à disposition de seringues propres à la portée des addicts mais sous supervision médicale
  • Intensification du programme de réhabilitation des jeunes pris avec de la drogue, à travers notamment le service communautaire, le renforcement des services et facilités offerts par les centres de Praslin et Coetivy  et la création d’un « Drop in Centre » à Mahé. Ce Centre servira de facilité aux addicts pour retrouver une vie normale  avec le soutien, au besoin, de professionnels formés pour ça.
  • Un amendement à la loi actuelle prendra tout cela en considération et en plus :
    • Conférera aux juges et magistrats une discrétion absolue dans la prononciation des sentences dans les délits de drogue
    • Création d’une Cour spéciale chargée des dossiers relatifs à la drogue
    • La mise en place d’un programme réservé aux individus pris avec une certaine quantité ou qualité de drogue destinée à leur propre consommation.

 

  • Proposer  à l’occasion de la prochaine rencontre du Conseil  des Ministres de la Commission de l’Océan Indien au cours de ce mois, la création à l’échelle régionale d’une structure d’intelligence, de coordination et d’opérations auprès de la COI, destinée à combattre le trafic de drogue.

 

Il est grand que l’on arrête de politiser ce problème et s’atteler à la recherche de solutions idoines pour venir en aide aux victimes de ce fléau. Le problème de la drogue n’est pas uniquement un problème du gouvernement ou du Président de la République. C’est un problème  sociétal. Et tous ceux qui se veulent honnêtes avec eux-mêmes doivent se donner  la main pour éradiquer ce fléau une fois pour toute.

 

La lutte contre la drogue nécessite aussi l’organisation de diverses activités au niveau communautaire et du district, à travers le sport, l’art, la culture, pour permettre aux jeunes d’y investir leurs talents et leur énergie débordante ce, de façon saine, efficace et innovante.

 

Le Gouvernement du Part Lepep attache beaucoup d’importance au développement communautaire. J’ai toujours mis l’accent sur la gouvernance locale qui autorise une participation proactive des résidents à qui on offre ainsi une opportunité de se pencher sur les problèmes et les défis qui se dressent devant leur localité. C’est dans ce sens que le Gouvernement Local se verra bientôt renforcé grâce à  l’installation des Conseils de district qui viendront ainsi conforter notre système démocratique. Le Conseil de District créera la plateforme permettant une participation des habitants et d’être partie prenante des décisions qui les concernent. Cela permettra par la même occasion de renforcer les relations entre le district et le Gouvernement central, et conduira à un système de prestation de service beaucoup plus efficace et, du moins on l’espère,  à la hauteur des attentes et des aspirations des habitants du district. En attendant, le Gouvernement a débloqué 30 millions de roupies pour la réalisation de petits projets au niveau des districts ou en raison de l’attention particulière qui est accordée à la petite enfance beaucoup d’efforts sont faits pour construire des Garderies d’enfants dans nombre d’entre eux, ce afin de soulager les familles, plus précisément les mamans. Nous allons aussi mettre en place un fonds destiné à encourager l’épanouissement des talents dans les sports, l’art et la culture.

 

Une des priorités sur laquelle mon Gouvernement se penche également en ce moment, c’est l’écart entre les niveaux de vie dans notre société. Voila un autre sujet autour duquel l’opposition fait, comme à son habitude, de la politique politicienne, sans avancer aucune proposition réaliste. Elle parle et écrit sur la pauvreté qui, selon elle, existe partout aux Seychelles. Elle va même jusqu'à présentera les Seychelles comme un pays où règne la misère noire. Cependant ces mêmes gens de l’opposition ne soufflent pas mot des maisons de luxe dans lesquelles ils vivent, ni des grandes propriétés, les voitures et les bateaux de luxes dont ils disposent. Ils ne font jamais mention des programmes sociaux qui sont là pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables.

 

Nous devons être réalistes, voir les choses en face sans tomber dans la démagogie, et avancer les solutions qui sont à la hauteur de ce que notre budget ou nos revenus peuvent nous permettre de faire. Je ne peux pas me permettre de comparer notre pays avec le reste du monde, sachant que la pauvreté est une notion très relative. Je reconnais que la pauvreté existe aussi chez nous, dans certaines franges de la société. Mais mon intention,  pendant les prochains 5 ans de mon mandat, c’est de multiplier encore les efforts afin de réduire les écarts entre la qualité des niveaux de vie des Seychellois, notamment avec celui des plus démunis. Nous avons déjà  commencé à le faire, à travers notamment

  • l’augmentation de la pension et de la sécurité sociale
  • la révision du salaire minimum
  • la révision des bénéfices offerts par l’Agence de Protection Sociale
  • la subvention des garderies d’enfants
  • le crédit spécial sans intérêt aux pensionnaires désireux de réparer leur maison
  • l’aide familiale (home carer)
  • la stabilisation et la réduction -  là où cela est possible – du prix des produits de première nécessité et des autres produits essentiels par le biais de STC
  • la stabilisation et - cela dépendant du marché international – la réduction du prix de l’électricité, de l’eau, du gaz pour la cuisson, etc.

 

Mon Gouvernement continuera à faire mieux encore parce que le bien-être du Seychellois a toujours été au cœur de mes préoccupations. Notre intension est de ne jamais oublier personne. Sous ce rapport, nous allons prendre cette année un certain nombre de mesures qui contribueront sans aucun doute à l’amélioration du niveau de vie d’un grand nombre de familles seychelloises.  Celles-ci comprennent entre autres:

  • l’augmentation du salaire minimum pour 35 heures de travail par semaine qui passe de 4050 à 5050 roupies par mois, et qui sera exempté du prélèvement du Personal Income Tax. Cette mesure prendra effet en avril prochain.
  • parallèlement, et en avril prochain, la pension de retraite/sécurité sociale  sera majorée pour être à la même hauteur que le  salaire minimum qui s’élève à 5050 roupies par mois.
  • la révision des conditions et critères de l’aide attribuée par l’Agence de Protection Sociale afin de les rendre plus souples et flexibles, pour permettre à plus de gens en difficulté d’en bénéficier.
  • la création d’un fonds spécial afin de continuer à soutenir nos citoyens souffrant de déficience physique ou mentale, à travers des programmes spéciaux qui les aideront à s’émanciper davantage et à vivre une vie digne malgré leur handicap.
  • convaincu de la nécessité de venir en aide aux familles les plus vulnérables, le Gouvernement est en train d’envisager la création d’un fonds spécial pour financer la rénovation des logements en décrépitude représentant un risque pour leurs occupants qui ne disposent pas de revenus suffisants pour prétendre à un crédit auprès des institutions financières.
  • le transport gratuit par bateau pour les patients de Praslin et de La Digue qui doivent venir recevoir des traitements plus spécialisés à l’Hôpital des Seychelles, à Mahé.
  • deux billets gratuits par mois dans le bateau pour tous les étudiants du post secondaire de Praslin et de La Digue qui étudient à Mahé.
  • une subvention du billet d’avion et de bateau  de tout pensionnaire qui voyage entre Mahé, Praslin et La Digue.
  • la révision de la TVA sur certaines marchandises et certains produits
  • l’introduction d’un système de taxation plus juste et plus équitable. Nous allons établir un système de taxation progressif, qui fera en sorte que les petits revenus ne seront pas taxés ou s’acquitteront seulement une taxe très réduite. Ce système prendra effet en 2017.
  • Dans le cadre de la reforme de notre politique fiscale, et dans le souci de permettre aux Seychellois de se mettre encore plus d’argent dans la poche, tous les salaires au-dessous de 8555,50 roupies par mois seront exonérés de taxe, à partir du mois de juillet 2016. Ça c’est une premier étape de notre politique fiscale globale qui rentrera en vigueur en janvier 2017 et en vertu de laquelle les premières 8555,50 roupies du salaire de tous les Seychellois, sans exception, seront exonérées de taxe.

 

  • Parallèlement, le Ministère des Finances procédera à un audit pour voir s’il n’y a pas d’évasion fiscale dans aucun secteur, ceci pour améliorer nos recettes fiscales. Toutes les sommes qui seront récupérées dans ce cadre seront investies dans les secteurs sociaux.

 

Ces mesures que mon Gouvernement continue de prendre afin de réduire la pauvreté dans notre société doivent être accompagnées d’une volonté réelle des intéressés de « se lever et se débrouiller » autant qu’ils le peuvent. Ils doivent chercher à réduire leur dépendance de l’Etat. Et chacun de nous, comme individu ou citoyen responsable, doit prendre ses responsabilités.

 

Il nous arrive parfois d’avoir des comportements et des conduites qui nous font oublier nos priorités. Pourtant nous devons toujours nous poser la question suivante : que dois-je privilégier dans ma vie et dans celle de ma famille ? Car notre façon de dépenser à mauvais escient, contribue également à nous pousser dans la pauvreté.

 

Le Gouvernement du Parti Lepep apportera son soutien à tous ceux qui souffrent réellement de pauvreté ou sont réellement vulnérables.  Il est facile de critiquer ce Gouvernement qui aide pourtant beaucoup. Comme il est facile de crier au changement sans savoir de quel changement on a besoin pour améliorer sa vie. Parfois, les gens ne réalisent pas qu’un changement du Gouvernement du Parti Lepep ne résoudra pas leur problème s’ils ne changent pas, au préalable, leur mentalité. Arrêtons de trouver de nous trouver des faux-fuyants pour justifier nos propres faiblesses et la situation dans laquelle on s’est soi-même empêtré. Et une fois pour toute, arrêtons de faire de la démagogie pour prendre nos responsabilités. C’est le lieu de dire à ces gens qui parlent fort de la pauvreté aux Seychelles: c’est vous qui possédez les plus gros business, les plus grosses propriétés et vous êtes les mieux nantis. S’il vous plait, ne vous limitez pas à parler seulement, mais passez à l’action et faites quelque chose de concret pour améliorer la vie de vos compatriotes qui sont, selon vous, dans la misère.

 

Ceci dit, une autre priorité que je me suis fixée, c’est l’amélioration du service offert par l’administration publique. Car, malgré les multiples reformes introduites, à part certains petits progrès, le public n’éprouve que frustration, déception et  insatisfaction. La qualité de la prestation de service demeure une réelle préoccupation. Certes, la majorité des fonctionnaires s’acquittent de leur devoir avec dévouement et compassion. Mais il y en a qui passent tout leur temps à frustrer les gens par le biais de multiples formalités ou procédures bureaucratiques. Il y en a même, ces soi-disant technocrates, qui sont hostiles au système. Ils font tout pour boycotter le Gouvernement dont ils sont pourtant les employés. Ils vous font tourner en rond quand vous cherchez à obtenir un rendez-vous, faire une demande ou formuler une plainte. Mais quand ils sont rappelés à l’ordre, ils crient à la « victimisation politique ».

 

Je ne m’intéresse pas personnellement à quel parti politique ou religion, vous appartenez. Ce qui m’intéresse, c’est de vous voir vous acquittez correctement de ce dont vous avez été commis. Ce qui m’intéresse aussi c’est votre rendement, votre productivité et votre façon de traiter le public. Ce qui m’intéresse encore c’est de voir tous les Seychellois traités de la même façon et recevoir la même qualité de service, sans aucune discrimination.  En somme, ce qui m’intéresse c’est votre loyauté envers le gouvernement que le peuple seychellois a librement choisi. Si vous ne vous sentez pas capable de respecter ces conditions, c’est dire que vous n’avez plus votre place dans l’administration publique.

Dans le passé, nous avons largement parlé de notre système de santé et le service qu’il offre au peuple seychellois. A l’instar de la plupart des autres pays, nous sommes en train de faire face à d’énormes défis tels que l’hépatite, le VIH/SIDA les maladies transmissibles et non transmissibles, etc. C’est une âpre lutte, une bataille constante que nous devons mener contre ces maladies, une bataille que nous devons gagner à tout prix. Nous devons tous nous mobiliser et persévérer ensemble afin d’éliminer toutes ces maladies, sans oublier ces comportements négatifs qui en sont les vecteurs  et, par la même occasion, mobiliser suffisamment de ressources pour leur prévention et leur traitement.

L’Hôpital des Seychelles est doté d’équipements qui comptent parmi les  plus modernes et les plus sophistiqués de la région. Certains ont été achetés par le Gouvernement et d’autres ont été reçus sous forme de dons. Mais les équipements en eux-mêmes ne représentent rien, s’il n’existe pas la volonté, la compétence et l’expertise nécessaires pour les utiliser à bon escient. Le meilleur équipement ne vaut pratiquement rien si les infirmiers et le reste du personnel médical qui s’en servent  n’éprouvent pas la passion, la compassion et la volonté d’offrir un bon service aux patients qui risquent de perdre confiance au système de santé. Tous les jours, il y a une ou deux personnes qui viennent à State House pour demander de les envoyer à l’extérieur pour avoir une seconde opinion médicale.

 

Je voudrais, à cet égard, que l’on me comprenne bien. La plupart des médecins, infirmiers et infirmières ainsi que les autres professionnels sont en train d’offrir un bon service, et parfois  dans des conditions difficiles. Mais n’empêche, notre système de santé accuse de sérieuses  défaillances, notamment en ce qui concerne les attitudes. Il y a des comportements qui ne sont pas du tout à la hauteur. On note parfois de l’arrogance, le manque de compassion, le manque de responsabilité, le manque de planification et le gaspillage de ressources.

 

Certains font fi de leur rôle et responsabilité pour sauver la vie. Leur préoccupation première, c’est comment réaliser leur agenda politique, décourager les gens pour ensuite accuser le Gouvernement.

  • Est-ce qu’il est admissible qu’un  patient attende plusieurs semaines ou plusieurs mois pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste ? Et quand finalement le rendez-vous lui est donné, qu’il attende des heures et des heures pour le voir ? Combien de fois nous entendons les patients se plaindre qu’ils sont là depuis le matin à attendre le spécialiste ! Pourtant quand il s’agit de notre famille ou de certaines personnes, les choses se font le plus rapidement et le plus efficacement possible.
  • Est-ce qu’il est acceptable que l’on continue à perdre ou à se tromper de résultats d’analyse au laboratoire ?
  • Est-ce qu’il  est acceptable qu’un stock de médicaments et d’équipements de dialyse qui a coûté plusieurs millions de roupies soit envoyé au rebus sans avoir été servi. Et personne ne s’en intéresse! Y a-t-il une planification, ou y a-t-il anguille sous roche ? Le problème est que lorsque ces médicaments font défaut, par suite justement d’une mauvaise planification, nous sommes contraints de les faire venir de toute urgence par avion, dépensant ainsi d’énormes sommes ! Qui doit payer cela ? C’est bien entendu le peuple, c’est nous tous.
  • Est-ce que nous devons continuer à tolérer cela ?
  • Est-il acceptable que les jeunes médecins seychellois qui ont déjà été choisis pour aller se spécialiser à l’étranger soient encore là, alors que le budget est là et les bourses sont également disponibles ?
  • Est-il acceptable que les ambulances qui ont fait des accidents soient encore en attente de réparations? Où est le contrôle? Où est la discipline?

 

La situation est sérieuse et elle requiert de sérieuses mesures. Un audit des différents départements de la santé a révélé des défaillances critiques que nous devons résoudre rapidement. Je passe à la sous-traitance du Centre de diagnostic et du laboratoire. Pour ce qui est du Centre de dialyses, nous l’avons faite avec succès, malgré beaucoup de résistance. Je suis persuadé que cette approche et stratégie de sous-traitance, par étape, de certains services, va nettement améliorer notre système de santé, et cela pour le plus grand bénéfice de tous les Seychellois.

 

J’ai parlé de la santé, mais  il y a aussi un autre ministère où il y a de sérieux problèmes, en l’occurrence le Ministère de l’Education.  Il y a des problèmes au niveau de la planification, de la supervision, au niveau de la discipline, des ressources humaines, des équipements, de l’entretien, des résultats scolaires,  de la performance des étudiants, etc. Le  défi majeur consiste à faire en sorte que les élèves et étudiants performent de la meilleure des façons et obtiennent des  résultats  qui soient à la hauteur des attentes de notre Nouvelle Seychelles. L’école est une partie intégrante de la communauté et les parents demeurent au premier chef les premiers éducateurs de leurs enfants.

 

L’autre défi sur lequel il faudra se pencher, c’est la rétention des enseignants dans la fonction ainsi que l’entretien et l’amélioration des infrastructures de nos établissements.

 

Je traiterai toutes ces défaillances au fur et à mesure que je m’occuperai de celles de notre système de santé, d’autant que je les ai inscrites aussi comme une des priorités de mon mandat.

 

Monsieur le Président de l’Assemblée,

Peuple seychellois

 

Le logement continuera à rester au top de mes priorités ainsi que celles de mon Gouvernement tout au long de cette année, comme dans les années à venir. Nous n’allons pas seulement poursuivre nos efforts dans ce domaine, mais nous allons les intensifier. Notre objectif à long terme c’est faire en sorte que chaque famille seychelloise soit propriétaire de sa maison.

 

Cette année, nous allons remettre à 277  familles seychelloises la clé de leur nouvelle maison. Dans le même temps, les travaux de construction de 68 nouvelles Unités résidentielles vont débuter dans différentes régions de Mahé, Praslin et La Digue. Nous avons aussi au programme la construction de 72 nouveaux appartements à Persévérance et l’allocation de certaines parcelles se trouvant à l’Ile Aurore, pour la construction d’appartements.

 

Nous allons par ailleurs mettre 131 parcelles à la disposition des familles à Mahé, Praslin et La Digue.

 

En 2005, le Gouvernement avait introduit le ‘Home Ownership Scheme’ qui a permis à plusieurs familles seychelloises d’être rapidement propriétaires de leur maison. Les chiffres démontrant le nombre de familles seychelloises propriétaires de leur maison est la preuve du succès de ce projet.

 

Pendant ces derniers dix ans, le Gouvernement a continué à investir dans les projets de logement et mon Gouvernement sent qu’il est maintenant temps d’offrir aussi aux familles qui ne bénéficient pas de ce programme l’opportunité d’être propriétaire de leur maison le plus rapidement possible. C’est pourquoi, mon Gouvernement a décidé d’offrir une réduction de 25% du prix des maisons des personnes qui sont inscrites au programme de ‘House Purchase Agreement’ avec PMC.

 

Les personnes qui louent des maisons de PMC et qui souhaitent s’enregistrer sur ce  programme ‘House Purchase Agreement’ bénéficieront aussi de cette réduction de 25%.

 

Par contre, les locataires des appartements de PMC qui ne désirent pas s’inscrire sur ce programme, et qui ne gagnent que le salaire minimum, seront épaulés par l’Agence de Protection Sociale qui prendra à sa charge 50% de leur frais de location.

 

Mon Gouvernement reste sincère et sérieux dans sa politique d’encouragement de toutes les familles seychelloises à devenir propriétaires de leur logement.

 

Nous sommes aussi en train d’intensifier les travaux de réparation des maisons des cités résidentielles et la reconstruction de celles où le besoin est, tel qu’à Pointe Larue et Baie Lazare.

 

Cette année, 14 familles de diplômés et des jeunes professionnels auront leur propre appartement dans un bloc de condominium que nous avons construit à Anse des Genets.

 

Le projet de condominium à l’Ile Persévérance va aussi offrir plus d’opportunités cette année ainsi que les années à venir. En plus de cela, nous allons mettre 70 parcelles à la disposition de nos jeunes professionnels à l’Ile Persévérance dans le cadre du nouveau projet ‘Self Build’.

 

Enfin, les personnes qui achètent une maison ou une parcelle pour la première fois ne paieront plus de « droit de timbre » sur le prix jusqu'à hauteur de 2 millions de roupies.

 

Nous continuerons à encourager vivement le secteur privé à entrer en partenariat avec le Gouvernement pour construire des maisons qui seront ensuite vendues ou louées à des prix raisonnables.

 

Encore une fois, je demande à tout un chacun de prendre ses responsabilités et ses obligations au sérieux, en ce qui concerne les remboursements, et d’épargner pour s’offrir une maison à l’avenir.

Monsieur le Président de l’Assemblée,

 

Permettez-moi à présent d’aborder une question qui touche directement les députés de l’Assemblée Nationale et les ministres de mon Gouvernement.

 

Au cours de ma campagne électorale, pendant les visites et les rencontres que j’ai eues avec les membres du public, un des sujets récurrents était la pension des membres de l’Assemblée Nationale. Les Seychellois se demandent comment est-ce qu’un député qui n’a pas encore atteint l’âge de la retraite peut toucher une pension après seulement un mandat ou deux mandats à l’Assemblée Nationale?

 

Nous, au Gouvernement du Parti Lepep, nous suivons les principes qui nous ont tout le temps inspiré et guidé. Nous avons dirigé en donnant toujours l’exemple. C’est pour cette raison qu’au début de l’année, en Conseil des Ministres, nous avons décidé que ni le Président, ni le Vice Président, ni les Ministres ne toucheraient leurs indemnités cette année.

 

Notre principe et notre démarche proviennent et s’appuient sur la voix et la volonté du peuple. J’ai écouté le peuple, en conséquence, je propose qu’aucun membre de l’Assemblée – ancien ou en exercice, qui n’a pas encore atteint l’âge de la retraite ne touche sa pension. Il percevra la pension et les autres bénéfices quand il aura atteint l’âge de la retraite.

 

Le même principe sera appliqué aux ministres. Aucun ministre – en service ou ancien, ne pourra toucher à sa pension ministérielle avant l’âge de la retraite prévu par la loi.

 

Le Gouvernement soumettra bientôt à l’Assemblée Nationale un amendement portant sur les conditions et procédures de paiement de la pension aux membres de l’Assemblée Nationale et aux ministres. Je compte sur votre soutien dans cette démarche. Je vous remercie d’avance de votre compréhension

 

Monsieur le Président de l’Assemblée,

Peuple seychellois,

 

Nous avons beaucoup d’autres lois que l’Assemblée Nationale doit considérer, y compris certaines lois de notre Code Pénal qui sont en décalage avec notre temps.

 

Une de ces lois est celle introduite par les Anglais en 1955 pour criminaliser l’homosexualité. Même si cette loi n’est pas appliquée de nos jours, elle figure toujours dans notre système judiciaire. C’est une aberration. Les Seychelles ont toujours  une société tolérante qui respecte les divergences d’opinion et dans laquelle nous vivons en paix et en totale symbiose. Nous ne sommes pas une société homophobe. De plus, la Constitution de la République assure la protection légale de TOUS les citoyens, sans aucune discrimination. De plus, depuis 2011, nous avons obligation, par rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, d’abolir toutes les dispositions de nos lois qui criminalisent l’homosexualité entre adultes consentants. Après avoir donc consulté et écouté, mon Gouvernement a décidé d’abolir cette loi. Et nous allons soumettre un projet de loi sur le sujet, à l’approbation de l’Assemblée Nationale.

 

Il y a plusieurs autres articles de notre Constitution que nous allons amender, conformément aux recommandations de 2009 du Constitutional Review Committee. Certains de ces articles l’ont déjà été. Il y a aussi des lois que nous devons amender et des nouvelles que nous devons introduire. La volonté de le faire est là, mais elle prendra du temps compte tenu de l’insuffisance de nos ressources humaines.

 

Dans l’immédiat, nous avons un projet de loi que nous allons soumettre à l’Assemblée Nationale.

 

Il concerne la création d’une Commission anti-corruption. Cette Commission aura mandat de mener des enquêtes, de découvrir et d’empêcher les pratiques de corruption. Elle sera aussi habilitée à recevoir les plaintes contre la corruption et constituer des dossiers sur la base des enquêtes qu’elle mènera sur les allégations de corruption dans tous les départements et toutes les institutions qui reçoivent un financement du Gouvernement. Nous n’avons de leçon à recevoir de personne. Nous sévissons sévèrement là où cela s’impose. La Commission que nous allons mettre en place nous permettra de renforcer notre arsenal d’actions contre la corruption.

 

Monsieur le Président de l’Assemblée

Peuple seychellois

Cette dernière élection a poussé beaucoup de Seychellois à se poser des questions sur la manière dont le président de la République est élu. Actuellement, il y a un débat intéressant autour du sujet. En même temps, les Seychellois se posent des questions. Par exemple, est-ce normal et acceptable qu’un parti politique effacé, qui n’a eu que 400 voix, puisse décider de l’avenir de notre pays par le biais de promesses et marchandages de postes ministériels. Pour moi, c’est ça la véritable « vente aux enchères », et c’est probablement de cela dont le leader du SNP faisant allusion le soir où il a perdu les élections.

 

Une autre question que nous devons considérer dans notre démocratie qui est en constante évolution, c’est combien de mandat consécutif le Président de la République doit faire ? Après beaucoup de réflexion et de consultation, mon Gouvernement et moi-même avons décidé de proposer à l’Assemblée Nationale que le Président de la République serve deux mandats consécutifs de cinq ans et non pas trois, comme c’est le cas actuellement.

 

Je voudrais tout de suite être clair et préciser que, ni moi, ni le Vice Président, ni les ministres que nous avons nommés ne désirent s’accrocher au pouvoir. Tout ce qui nous intéresse, c’est le bien-être, la liberté, la prospérité et l’unité du peuple seychellois. C’est le peuple  - et seulement le peuple - qui décidera de son avenir.

Monsieur le Président de l’Assemblée

Peuple seychellois

 

38 ans au pouvoir. Un record que beaucoup nous envie. Un record de réalisations qui continue à servir de source d’inspiration pour tout Seychellois. Le Parti Lepep nous a amenés loin. Nous avons opéré des réformes économique, sociale et culturelle. Et le Parti Lepep a donné aux Seychellois une vraie identité nationale.

 

Nous avons donné aux Seychellois le vrai sens de la fierté et du patriotisme. Il a fallu faire beaucoup de réformes pour arriver là où nous sommes aujourd’hui. Malheureusement, certaines de ces réformes ont fait naitre de grosses ambitions de pouvoir. Certains ont la mémoire courte. Certaines mentalités que nous avions éliminées ressurgissent. Certains qui se trouvent aujourd’hui dans l’opulence ont oublié d’où ils viennent. Mais la force du peuple seychellois, c’est rester celui qui sait d’où il vient et où il va.

 

Ça m’a coûté cher d’agir contre la voracité et la corruption pour amener la paix et l’unité dans notre pays. Je l’ai fait parce que il y a des principes auxquels je tiens. Je crois aux principes du Parti Lepep.

 

Au cours de cette dernière élection, nous avons fait face à cinq formations politiques d’opposition et différentes forces – internes et externes. Le  Parti Lepep s’est présenté seul contre elles et a remporté la victoire. Ce fut une bataille dure. Mais nous avons tenu bon. Et oui, le gouvernement élu de ce pays est un Gouvernement du Parti Lepep, même si je reconnais que nous avons encore un sérieux travail à faire pour faire revenir ceux qui ont été dupées par de fausses promesses.

 

Finalement, cette  année, notre pays célébrera le 40ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Si nous sommes arrivés aujourd’hui là où nous sommes, c’est grâce à notre détermination et cette conviction, que non seulement nous avons le courage, mais aussi qu’en nous, se trouvent les ressources nécessaires pour rester debout et œuvrer pour le bien de notre Seychelles. Nous l’avons fait ensemble. Aussi, l’appel que j’ai à vous lancer aujourd’hui en tant que Président, c’est vous inviter tous à rester ensemble pour consolider notre unité, préserver notre stabilité et continuer faire de cette Seychelles que nous chérissons tant un havre de paix et d’unité dans le monde.

 

Aujourd’hui, je vous donne encore une fois l’assurance que ce Gouvernement du Parti Lepep continuera toujours à travailler pour tous les Seychellois, pour le bien-être de tous, la prospérité et le progrès de notre pays.

Merci ! Et que Dieu continue à protéger notre Seychelles!

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